Tabe numérique Explications :

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Tabe numérique Explications :

Message par cartonsd'O le Dim 1 Nov - 20:40

2012 a vu l'impression 3D devenir un sujet qui n'intéresse plus uniquement les blogs spécialisés et certains geeks au fond de leur garage ; on entend dire que "monsieur tout le monde" aura bientôt une imprimante 3D à coté de son imprimante-jet-d'encre-A4-photo-wifi. L'effet "nouveauté" est réel même si on ne sait pas encore l'avenir d'un tel produit. C'est également l'image industrielle de ses semblables (découpe laser, découpe plasma, tours numériques, CNCs etc) qui s'estompe ; on s'imagine possible d'utiliser, voire de construire ou d'acheter ces outils. D'ailleurs on vient de s'y mettre et voici ce qu'on peut vous dire pour vous accompagner lors de votre lancement :


Un peu d'histoire pour mieux comprendre

L'histoire de la machine-outil à commande numérique n'est pas récente, on trouve la première machine-outil en 1751 ( Jacques de Vaucanson invente le tour à charioter), les premières machines-outils automatisées (par cames) au XIXème siècle et c'est vraisemblablement en 1942 que l'histoire de la machine-outil à commande numérique débute, grâce à John T. Parsons .

La programmation se faisait avec des cartes perforées, tout d'abord pour les calculs et quelques années plus tard - lorsque les servomoteurs ont été mis au point - pour le contrôle. Cependant, les coûts et les usages réservent de telles machines à l'industrie de pointe, à l'armement, etc et ne sortent que rarement des laboratoires de recherche.

La technologie va continuer de se perfectionner mais aussi devenir plus abordable et va rejoindre les bureaux d'études et les chaînes de production de produits destinés au grand public. À tel point que depuis deux ou trois décennies cette technologie devient accessible aux petites entreprises et aux passionnés avertis ; demain elle arrivera peut-être dans le grand public sous la forme d'une imprimante 3D, qui sait ?


Définition

Une CNC (Computer Numerical Control) ou MOCN (Machine-Outil à Commande Numérique) est donc tout d'abord une machine-outil : elle permet selon ses caractéristiques d'effectuer diverses opérations - percer, scier, rectifier, découper, fraiser, plier, graver, tarauder, souder, visser, déposer un matériau, etc - nécessitant des gestes précis et/ou répétitifs, sur des matériaux divers. Dans le cas d'une CNC, ces opérations seront donc commandées par un ordinateur ou un dispositif numérique.

Sous la dénomination "CNC" se retrouvent de nombreux dispositifs qui diffèrent entre eux principalement par l'outil qui est utilisé. Je présenterai ici le principe d'une CNC permettant d'usiner par retrait de matière à l'aide de fraises, forets, etc. Cette CNC a été imaginée et construite par un particulier à qui nous l'avons achetée récemment. Enfin, ma connaissance du domaine est très récente et surtout autodidacte ; je n'ai jamais suivi de formation et n'ai aucun diplôme de technicien d'usinage ou autre.

Possibilités

Les matériaux qui peuvent être usinés sont très divers, la caractéristique principale qui les différencie est la dureté. Plus le matériau est dur, plus il faudra que la CNC, ainsi que l'outil qui l'équipe aient la qualité et la puissance nécessaires pour usiner le matériau. Cependant pour commencer à usiner sans forcément aller rapidement, c'est principalement l'outil et la vitesse de rotation de celui-ci qui vont influer.

Voici une liste non exhaustive de matériaux que l'on peut usiner :

   acier
   aluminium
   laiton
   polycarbonate
   bois massif
   contreplaqué
   résine
   mdf
   mousse

Dans certains cas, l'usinage requiert de l'huile de coupe, de l'air sous pression, ou autre. Le but recherché est de refroidir le matériau et l'outil, mais également de lubrifier pour réduire les frottements et l'usure prématurée. L'air comprimé est plus adapté lors de la découpe du polycarbonate par exemple pour éviter que le matériau fonde et vienne se recoller sur l'outil ou le matériau. Attention à ne pas utiliser n'importe quel produit, pensez d'abord à votre sécurité et à votre santé. Dans tous les cas, avec ou sans huile de coupe, le port d'un masque, de lunettes de protection et de bouchons d'oreille est obligatoire si la CNC n'a pas d'équipement vous protégeant des nuisances (projections de copeaux, de fluide de coupe, fumées, casse, bruit, etc).

En dehors de l'industrie, les domaines d'utilisation d'une CNC sont nombreux, voici quelques exemples : Le modélisme (ailes et panneaux d'avions, châssis de voiture, éléments de bâtiments), l'électronique (circuits imprimés, boîtier pour montages), la réparation (poignées, butées, guides, engrenages), la décoration, l'ébénisterie, la lutherie, la mécanique, etc.

L'imagination, l’expérimentation et la recherche de chacun amèneront leur part de nouveauté dans ce domaine.

Structure

Observons techniquement de quoi est composée une CNC, en partant de la table qui accueillera le matériau à usiner. La base est similaire à ce qu'on aurait dans le cas d'un usinage manuel : le matériau doit être solidement fixé à une table d'usinage à l'aide d'un étau, de butées, de pinces, ou collée, etc, selon les besoins. Parfois la table d'usinage peut-être une table aspirante ou un "martyr".

L'usinage du matériau peut se faire avec un outil (une fraise, un foret, une lame, une pointe à graver, etc) dont les caractéristiques sont adaptées au matériau et à l'opération à réaliser. Cet outil est monté sur ce qu'on appelle une broche, c'est-à-dire, l'ensemble formé par le système de fixation de l'outil et le moteur permettant la rotation à l'origine de l'usinage.

Tout cela est très proche de ce qui est mis en place lors d'une opération manuelle. Maintenant voyons comment l'action de l'homme a été remplacée par la commande d'une machine :

Si on usine avec un outil en position verticale, 3 axes (X, Y et Z) suffisent pour le déplacer dans l'espace. Et pour se repérer dans cet espace orthonormé, on utilisera l'unité de mesure du système international ou l'unité du système anglo-saxon.

De nombreuses CNC ont pour base un châssis rigide sur lequel les différents organes de la machine reposent pour opérer. Essentiellement deux catégories de structures existent : la table mobile et le portique mobile . Dans le premier cas, le portique est fixé sur le châssis en son centre et c'est la table d'usinage qui se déplace sur un axe (X). Dans le deuxième cas, plus courant, c'est l'inverse : la table est fixée au châssis et le portique se déplace sur l'axe (X) pour parcourir la table d'usinage. Ce dispositif est moins coûteux en espace et se révèle plus versatile, c'est le cas de notre CNC.

Le portique quant à lui sert de base pour le déplacement sur l'axe Y du porte broche. Le porte broche enfin sert de base pour le déplacement sur l'axe Z de la broche.

Dans certaines situations, il est pratique d'avoir un quatrième, cinquième ou énième axe pour orienter l'outil et/ou orienter le matériau ; ainsi des opérations peuvent s'appliquer sur des faces du matériau non accessibles sur une CNC 3 axes.

Mécanique

La liberté de mouvement est donc gérée par ces axes mais il faut encore assurer le déplacement avec force et précision ; ceci est possible grâce à de nombreuses solutions mais je vais expliquer ici la plus populaire : les moteurs pas à pas, les vis à billes et les axes supportés.

Le moteur pas à pas est un moteur dont le fonctionnement est relativement fiable, puissant, précis mais pas très rapide. Lorsque les moyens le permettent, des servomoteurs pas à pas sont utilisés, permettant d'avoir une correction en cas d'erreur - le servomécanisme permettant l'asservissement et la rétroaction (on donne une commande et on vérifie qu'elle se réalise). Un ou parfois plusieurs moteurs pas à pas peuvent être utilisés pour mouvoir chaque axe.

La vis à billes permet de convertir la rotation du moteur en translation (comme lorsqu'on visse une vis !). Les billes remplacent les pas de l'écrou, limitant ainsi les frottements et augmentant considérablement la précision. Le couplage entre le moteur et la vis à billes peut être :

   direct, au moyen d'un coupleur d'axe spécifique qui protégera de la casse le moteur et la vis,
   ou indirect, au moyen de poulies et de courroies qui permettront une démultiplication de l'effort tout en gardant une certaine souplesse de mouvement.

Pour finir, un axe supporté est un axe rond en acier trempé monté sur un support en aluminium permettant ainsi de fixer et soutenir l'axe sur toute sa longueur. Ces axes sont donc très utiles pour des axes longs qui pourraient fléchir s'il n'étaient pas supportés. La partie mobile glisse sur l'axe grâce à des paliers montés sur des douilles à billes . On conserve ainsi une grande stabilité lors du déplacement.

D'autres solutions existent :

   les vis trapézoïdales (meilleures que le pas de vis classique) et les axes non supportés sont bon marché mais sont plus sensibles à l'usure et sont moins précis que la solution vis à billes et axes supportés.
   les rails guidés à billes sont coûteux mais remplacent avantageusement les axes supportés et douilles à billes, offrant encore plus de précision et de stabilité.
   les vis à rouleaux satellites offrent également un niveau supérieur de puissance, de durabilité et de précision par rapport aux vis à billes. On les trouve sur des machines dont les conditions de mise en œuvre sont soumises à de fortes contraintes ce qui explique leur coût élevé.

Les moteurs pas à pas et les contrôleurs


Pour comprendre le pilotage d'une CNC, il faut d'abord connaître un peu le fonctionnement d'un moteur pas à pas :

Un moteur pas à pas est conçu pour effectuer un tour complet en un certain nombre de pas. Cette caractéristique est indiquée sur le moteur sous la forme 1,8°/step ou 200 steps/rotation . Le pas correspond donc à l'unité de mouvement du moteur. Cette rotation peut se faire dans le sens des aiguilles d'une montre ou inversement.

Le moteur pas à pas est généralement alimenté sur 4 fils, reliés deux à deux à des bobines. C'est en alimentant ces bobines et en tenant compte de la polarité d'alimentation, que le moteur tournera d'un pas dans un sens ou dans l'autre ; en alternant cette alimentation dans un ordre précis, on fait faire plusieurs pas au moteur. Sans rentrer dans le détail du fonctionnement, cela signifie qu'il faut être capable d'alimenter le moteur avec un courant de forte intensité en alternant très rapidement les bobines et les polarités, tout en conservant une qualité d'alimentation. Pour cela, on peut utiliser un contrôleur de moteur , sur lequel on branche directement le moteur pas à pas et une alimentation électrique. Ce contrôleur peut être paramétré pour limiter le courant fourni aux bobines afin de ne pas abîmer le moteur.

Le contrôleur de moteur pas à pas possède également une interface de commande composée de 3 fils prenant en charge une commande chacun, sous forme de niveau logique binaire (0 ou 5V) :

   [ENABLE] moteur allumé ou éteint,
   [DIRECTION] direction de rotation horaire ou anti-horaire,
   [STEP] rotation de l'axe du moteur d'un pas.

Le moteur peut donc être :

   éteint (ENABLE à 0V) : aucune autre commande n'est interprétée et l'axe du moteur est en rotation libre (on peut le positionner à la main),
   ou allumé (ENABLE à 5V) : en l'absence de commande de rotation, le moteur maintient une position (on ne peut pas le bouger manuellement) ; lorsqu'une commande de rotation arrive (passage de 0 à 5V sur le fil [STEP]), le moteur effectue une unité de rotation dans le sens qui lui est commandé pas le fil de direction.

La vitesse de rotation du moteur dépend au final de la fréquence des commandes sur le fil [STEP]. La documentation du contrôleur est importante pour connaître la durée des impulsions et leur séquencement afin de bien optimiser le contrôle du moteur.

On comprend que le moteur pas à pas répond à l'impératif de précision, mais le principe de commande est trop basique pour pouvoir être programmé directement par l'homme.

Dès lors, l'interface de commande de chaque contrôleur de moteur pas à pas sera reliée à un dispositif numérique afin de permettre un contrôle intelligible et programmable par l'homme.

Ce rôle sera tenu soit par l'ordinateur, soit par des systèmes dédiés à cette tâche. Une troisième solution intermédiaire consiste à utiliser un ordinateur pour les calculs et l'affichage, couplé à un contrôleur de CNC pour le pilotage. La principale contrainte est d'être capable de délivrer les commandes au contrôleur de moteur (enable/step/direction) de manière très rapide et synchrone. L'ordinateur seul ne présente pas une solution idéale ; seul le port parallèle permet de répondre en partie à ces impératifs mais l'architecture matérielle n'est pas optimisée pour ce type d'utilisation et un ralentissement de quelques microsecondes ne peut être toléré. Compléter ou remplacer l'ordinateur par du matériel dédié est un peu plus coûteux mais permet un contrôle plus adapté aux contraintes des CNCs.

Et maintenant ?

Cet article aborde les bases du fonctionnement d'une CNC 3 axes pour hobbyiste ; il reste ensuite à apprendre les techniques d'usinage ainsi que la conception et la fabrication assistés par ordinateur. Ne pas oublier que c'est un métier avant tout, ce qui n'empèche pas, avec du sérieux et des précautions, d'attaquer le sujet sous divers angles. Sur internet on trouve assez facilement des informations et de l'aide

D’où mon intérêt pour en fabriquer une
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